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Microsoft bouge encore

Cela fait des années que Microsoft peine à tenir son rang dans le secteur du mobile, et singulièrement des smartphones.

Pourtant précurseur avec ses plateformes Windows CE (les SPV en 2004 ouvraient la voie aux développeurs d’application) et bénéficiant d’une position de choix pour la distribution d’OS, Microsoft s’est fait damer le pion sur les volumes par Nokia, sur l’innovation par Apple et même par Samsung, à l’époque un vulgaire copieur de ce qui se passait en Europe.

Mais Microsoft bouge encore !

Leur mauvaise image de monstre multinational abusant de son pouvoir est à sérieusement relativiser.

Apple est peut-être cool et californien, mais peut-on sérieusement reprocher à Microsoft d’imposer son IE quand Apple n’autorise même pas les concurrents à Safari (et à toutes les fonctions natives du terminal). Pour mémoire, on peut télécharger n’importe quel soft sous windows pour gérer mail, web,…etc. Essayez donc avec un iPhone. On  peut aussi installer n’importe quelle application sans passer sous les fourches caudines des “validations” de Cupertino. Et c’est pareil pour Windows Mobile. Pas de restriction.

Google ensuite. Est-il nécessaire de revenir sur la manière dont le gentil moteur de recherche tentaculaire contrôle notre vie online, manipule nos données et ne rend aucun compte de ce qu’il en fait ?
Vous vous souvenez du “bug” Google Buzz ? Au lancement du service, les contacts gmail les plus fréquents sont ajoutés à la liste des abonnements et tout ça est sur votre page publique. En gros tout le monde peut voir, sans restriction, avec qui vous échangez le plus de mail. Pour Google c’est “a little concern”.
Maintenant imaginons que cette mésaventure soit arrivée avec Microsoft, imaginons que vos contacts outlook les plus fréquents soit publiés sur le web.

Bref, si Microsoft n’est pas cool, ils ne sont pas plus méchants que les autres.

Innovation et mobile maintenant.

Au Mobile World Congress a Microsoft a présenté Windows Mobile 7 qui est plus que convaincant

  • Intégration complète des univers Zune et XBox Live (rappelons que sur le secteur du jeu, Microsoft connait clairement le succès, et particulièrement avec la couche Live)
  • UI totalement refondue
  • Form-Factor imposé à tous les terminaux avec 3 touches (Back/Start/Bing), résolution et ratio d’écran, CPU
  • Carnet d’adresses connecté
  • De nombreux partenariats dès le lancement (AT&T, Deutsche Telekom AG, Orange, SFR, Sprint, Telecom Italia, Telefónica, Telstra, T-Mobile USA, Verizon Wireless and Vodafone, Dell, Garmin-Asus, HTC, HP, LG, Samsung, Sony Ericsson, Toshiba, Qualcomm)

D’autre part, il y a plusieurs mois que j’utilise presque exclusivement Bing comme moteur de recherche mobile. Les resultats y sont plus pertinent et surtout beaucoup plus rapides qu’avec Google.

Et ça continue, Microsoft présente de nombreuses innovations :

Mobile Surface est un melange de la table Surface et de Project Natal (le Wii Killer de XBox présenté l’année dernière) et permet en gros, par l’ajout d’un projecteur à un mobile de transformer une surface plane en zone de controle par le mouvement en 3D.

Un service de traduction de conversations temps réel est également dans les cartons (et fonctionne).

Bref, si Apple a le culte du secret et fait buzzer des mois pour sortir un gros iPod touch, Microsoft laisse ses ingénieurs présenter leurs projets R&D, alors forcément tout ne devient pas un produit grand public, mais il faut compter sur Microsoft dans le mobile.

Notes

Applications embarquées ou WebApps ?
Environnements dédiés on-device ou browsing ?

Allons-nous répliquer les usages du web et naviguer de site mobile en site mobile, certes optimisé pour la consultation sur ces terminaux, mais sur le même mode que dans l’internet fixe; ou l’usage de l’internet mobile existera t’il plutôt à travers des applications embarquées ?

C’est une des questions dans le monde de l’Internet Mobile.
Question qui est difficile à poser clairement devant le culte Apple pour qui la réponse est évidente.

Force est de constater qu’aujourd’hui les applications tiennent le haut du pavé. Un responsable digital d’un groupe média avec qui je déjeunais cette semaine m’a donné des chiffres assez étonnants en faveur de cette thèse.

C’est la grande opposition entre Apple et Google. Les deux moguls de l’internet mobile.

Apple croit dans les applications, Google croit dans le browsing et ne porte pas ses services en applications quand il peut l’éviter pour préférer les web-apps. Et honnètement, quand on va sur les versions webmobiles de GMail, Google Reader ou même Latitude, on voit mal en quoi ils ont tord.

Question de point de vue industriel : Apple fabrique des terminaux et vend les applications dédiées, il a donc intérêt à favoriser ce modèle. Google vit de la publicité et de l’usage des données utilisateurs, il a intérêt à favoriser une usage le plus large possible.

Mon avis c’est que le Web Mobile n’est pas mort, loin de là. Aujourd’hui les applications dominent parceque la fragmentation de l’Internet Mobile est finalement assez faible. l’iPhone est ultra-dominant. Mais ça ne va pas durer. Les terminaux Android, les smartphones Symbian et Windows Mobile vont empiéter sur le règne Apple et devant la fragmentation inévitable que cela va à nouveau engendrer, les WebApps mobiles sont une solution idéale :
Un seul développement, pas besoin de mise à jour.

A condition de trouver un business model.

Et sur le plan “philosophique”, je préfère un Internet mobile qui favorise les développeurs de services plutôt que les industriels, même si ils sont aussi cools que Steve Jobs.
Que serait l’Internet si il était défini par un choix entre Dell et Apple, entre Sun et Microsoft ?
Je souhaite que l’Internet mobile soit aussi ouvert que son grand frère et que des nouveaux entrants puissent en changer la physionomie depuis leur chambre d’étudiant.

Ce ne sera pas le cas si on doit faire un choix technologique structurant au moment du développement et si on doit consacrer des ressources importantes au portage sur de multiples terminaux.

A t’on vraiment envie de se replonger dans le cauchemar du portage des applications java ?

Ma prévision, en tous cas mon souhait, c’est que a phase “applications embarquées” n’est qu’une étape de l’Internet Mobile. Une étape utile car elle démontre la pertinence du media mobile, mais une étape qui comporte de nombreuses limites, au premier rang desquelles la main-mise d’un industriel sur la normalisation des usages et des business models

Orange pose donc une pierre dans le jardin des applications embarquées en sortant “Le Web Store”. Un répertoire de WebApps mobiles.

Un mouvement intéressant. Les opérateurs ont eux-aussi intérêt à voir le Web Mobile survivre et se développer, c’est un moyen pour eu de garder une place pivot sur ce marché.

Orange Web Store